Il y a une étrange conjuration des professeurs de littérature pour cacher aux écoliers les meilleurs livres, les meilleurs auteurs, ou pour ne les montrer que sous le jour le plus rébarbatif. Quel jeune, aujourd’hui, fasciné par la littérature fantastique ou d’horreur aurait l’idée de lire Huysmans, Schwob ou Lorrain ? Aucun, sans doute. Pourtant, il y a chez les auteurs français fin de siècle un goût du malsain qui parvient à créer ce à quoi bien des auteurs modernes aspirent sans y parvenir : un profond sentiment de malaise. Je vous invite à lire la “Lanterne magique”, un très court texte de Jean Lorrain. Vous n’y perdrez pas votre temps, je vous l’assure…

Poursuivre la lecture de «Histoires de masques»
On ne dira jamais assez le mal que l’Etat peut faire lorsqu’il fourre ses gros doigts malhabiles dans la délicate machinerie économique. En voici un nouvel exemple.

Poursuivre la lecture de «D’un interventionnisme l’autre»
L’article de René Thom assez banalement intitulé “En guise de conclusion” est le bilan un peu désabusé de la querelle du déterminisme qu’un autre de ses articles, “Halte au hasard, silence au bruit”, dont j’ai parlé ici. Le ton et le style ont, je crois, beaucoup changé, mais c’est que le premier article était une charge de cavalerie sous le soleil de midi alors que le second est une promenade nocturne sur un champ de bataille ravagé. Le combat a été rude et violent. René Thom s’est retrouvé un peu seul. Notre époque qui se veut rationaliste, matérialiste et humaniste, ne croit plus vraiment ni à la raison, ni au monisme, ni à la tâche fondamentalement faustienne du scientifique… Mais peut-on s’empêcher, malgré tout, en lisant ces deux articles, de voir en lui le vainqueur ?

Poursuivre la lecture de «Mort à la nouvelle science !»
Je crois que deux et deux sont quatre, Sganarelle, et que quatre et quatre sont huit.
Molière, Dom Juan, dans la pièce éponyme (acte III, scène 1) ; les premiers mots, souligné par moi, sont une citation textuelle de Maurice de Nassau.
Eh ! quel est l’homme assez insensé pour préférer la guerre à la paix ? Dans la paix, les enfants ferment les yeux à leurs pères ; dans la guerre, les pères enterrent leurs enfants. Mais enfin il a plu aux dieux que les choses se passassent de la sorte.
Hérodote, I, XXVII

Poursuivre la lecture de «“Ne laissez pas mamie entendre ça…”»
Contrairement à ce qu’affirment certains lieux communs tenaces, le cannibalisme n’est pas et n’a sans doute jamais été une pratique courante en Afrique noire. L’image du Noir avec un os dans le nez qui danse autour de la marmite où se trouve un explorateur à casque colonial et une starlette blonde nous vient de la RKO et du cinéma hollywoodien, pas des récits de voyageurs et encore moins du témoignage des anthropologues.

Poursuivre la lecture de «Peut-on manger du pygmées ?»
Il paraît qu’un vrai et bon blogueur doit parler de sa vie, des détails contingents qui n’intéressent que lui parce qu’ils intéresseraient tout le monde ; en somme, il lui faut se livrer pour être apprécié. Alors, livrons-nous, voilà, ce soir, je mange des calmars farcis. Intéressant, non ? En fait, oui, c’est intéressant, parce que ceux que j’escompte bien manger ne font seulement que 15 cm de long…

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Il n’y a pas de relations significatives entre la richesse d’un pays et le niveau de terrorisme sans prendre en compte d’autres facteurs comme le niveau de liberté politique.
Alberto Abadie

Poursuivre la lecture de «Terrorisme et pauvreté, une fausse parenté»
Des concepts darwiniens, la lutte pour l’existence est l’un des plus dérangeants et sa présence chez l’homme est souvent refusée, a priori et pour des raisons morales. Il faut dire que s’il est ancien (on en trouve une formulation poétique chez Lucrèce et “physique” chez certains penseurs persans au IXème), depuis sa diffusion par Darwin et son entré dans le champ de la science moderne, il a été le prétexte plus que la justification de certaines positions morales ou politiques parmi lesquelles le darwinisme social est la plus connue, quoique, souvent, d’une façon fort sommaire et non sans contre-vérité.

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La peur est la première et la plus puissante des émotions humaines, la plus puissante de toutes est la peur de l’inconnu.
Lovecraft
Quatre X : eXplore, eXpand, eXploit, eXterminate. C’est ainsi que l’on désigne certains jeux de stratégie. Un des premiers à s’inscrire dans cette définition est, sans doute, Reach for the Stars (en ligne) de SSG (les plus géniaux inventeurs de wargames de tous les temps), sorti en 1983 et auquel j’ai énormément joué. Il s’agissait d’explorer un univers, d’aller de planète en planète (explore), de s’y installer (expand), d’y développer l’économie à partir des ressources offerte (exploit) et de flinguer les populations et les vaisseaux des autres joueurs (exterminate). De ces quatre activité, c’est bien sûr les aspects exploration et colonisation d’une part et guerre de l’autre qui intéressent le plus les fans de science-fiction, mais qu’en est-il du développement de l’économie dans un monde futuriste imaginaire ? Peut-on, même, réfléchir à l’économie du Space Opera, en somme ?

Poursuivre la lecture de «Le troisième des 4X»
Dans un article précédent, j’ai évoqué deux chercheurs qui, entre autres choses, considèrent la beauté comme un donné objectif et non pas subjectif ou soumis au contexte culturel du moment. Or, s’il s’agit de quelque chose d’objectif, alors, il doit être possible qu’une machine en juge.

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La meilleure façon de marcher
C’est encore la nôtre
C’est de mettre un pied d’vant l’autre
et de recommencer

Poursuivre la lecture de «La meilleure façon de marcher, c’est encore… celle du pied»
The parents are the real architects of their children’s destiny, and the State cannot help it.
Robert Lewis Dabney
Je dois vous avouer que je n’ai pas vraiment de sympathie pour les groupes religieux de type sectaire qui tendent à s’isoler et à s’enfermer dans leur logique (qui n’en est souvent pas une). Néanmoins, ce n’est pas parce que l’on n’a pas de sympathie pour certaines personnes qu’il faut se taire quand elles subissent une injustice. Je ne sais pas si vous vous en souvenez, mais j’ai évoqué de secte, il y a peu de temps, il s’agit de l’affaire de Warren Jeffs. Je m’étais notamment posé la question du mandat à l’époque.

Poursuivre la lecture de «Shérif fait moi peur»
Je n’ai certainement pas la prétention de comprendre tous les tenants et aboutissants de la querelle du déterminisme qui a opposé René Thom à plusieurs savants ou philosophes à la mode. Il n’en reste pas moins que ce que défend René Thom me semble infiniment plus cohérent et plus satisfaisant d’un point de vue intellectuel que les opinions de ses contradicteurs. L’article que je cite ici in extenso, “Halte au hasard, silence au bruit”, est celui qui a été à l’origine de cette querelle. Comme souvent, celui qui ne fait que se défendre en refusant de laisser agir ceux qu’ils jugent être nuisibles, passe pour l’agresseur, mais il ne faut pas inverser les rôles. René Thom a défendu la conception classique de la science qui est, aussi, la plus exigeante et il l’a fait avec un grand talent, y compris littéraire.

Poursuivre la lecture de «Halte au hasard, silence au bruit, mort au parasite»
Cette forme de sélection [la sélection sexuelle] ne dépend pas de la lutte pour l’existence avec d’autres êtres organisés, ou avec les conditions ambiantes, mais de la lutte entre les individus d’un sexe, ordinairement les mâles, pour s’assurer la possession de l’autre sexe. Cette lutte ne se termine pas par la mort du vaincu, mais par le défaut ou par la petite quantité de descendants.
Charles Darwin, De l’origine des espèces.

Poursuivre la lecture de «Beau parce qu’intelligent ?»
Les méchants sont souvent mieux réussis que les gentils, chacun a pu s’en rendre compte bien trop de fois pour l’avoir oublié. Je n’ai pas grand-chose à redire des membres de la Starfleet, les gentils de Star Trek. Je les trouve même plutôt assez bien faits (surtout Tasha Yar dans son magnifique uniforme — il faudra que Scorpius nous écrive quelque chose à ce propos, un jour)…

Poursuivre la lecture de «Borgs»
De même que j’avais abordé le sujet de l’odorat dans ce message et que j’avais trouvé un éclairage chez Léon Daudet, je veux revenir aujourd’hui sur ce texte de Coetzee en citant, longuement, un extrait de L’homme et la technique d’Oswald Spengler.

Poursuivre la lecture de «L’homme, bête de proie»
Le naxalisme est un terme assez général et plutôt vague qui désigne un ensemble de groupes terroristes ou crapuleux qui se réclament du maoïsme et qui souhaitent l’instauration du communisme (sur le modèle chinois) en Inde.

Poursuivre la lecture de «Le monopole de la violence en Inde»
Peut-être qu’une des filiations les moins visibles qu’il y a entre Poe et Lovecraft est dans celle de la place qu’ils accordent l’un et l’autre à la science dans leurs œuvres. Elle y a, évidemment, une place d’arrière-fond, éventuellement, presque, de personnage, mais ce n’est pas cela qui est le plus remarquable ; c’est au contraire assez banal. La science est surtout chez eux, chez Poe et chez Lovecraft, ce qui sous-tend la littérature. Le début de Double assassinat rue Morgue est l’affirmation manifeste qu’une épistémologie peut être un récit, une narration ; il en sera de même, plus tard, chez Jacques Futrelle ou chez Conan Doyle. Lovecraft, lui, avance masqué. C’est que ce matérialiste a un rapport ambigu à la science et à la connaissance en général, ce dont le paragraphe introductif à l’Appel de Cthulhu témoigne avec le plus sombre éclat.

Poursuivre la lecture de «Epistémologie poesque»
Actuellement, le seul obstacle qui s’oppose au déploiement massif de robots de combats autonomes (sans humains pour les guider) est technique. Dans l’état actuel de nos connaissances, il est à peu près impossible de programmer une machine pour qu’elle se plie aux règles d’engagements qui sont celles des conflits de faibles intensités. Un robot ne peut distinguer un insurgent d’un terroriste, un terroriste d’un civil, un civil hostile d’un civil qui cherche une protection, etc. Déjà que les humains ont un mal fou…

Poursuivre la lecture de «L’IA meurtrière»
Vous ne devez pas oublier que ce n’est plus votre mari, l’homme aimé, qui se trouve devant vous, mais un objet radioactif avec un fort coefficient de contamination. Vous n’êtes pas suicidaire.

Poursuivre la lecture de «En quatorze jours, l’homme meurt…»
L’évolution a-t-elle un sens ? Voilà bien une question qui, en étant simplement posée, risque d’attirer les foudres de certains darwiniens qui s’empresseront de passer du sens à l’intention, de l’intention à la l’intelligent design et de l’intelligence design à la grosse colère et à l’anathème… Pourtant, il y a pas mal de choses qui ont un sens. La gravité, par exemple, ça va vers le bas. Même les animaux, d’ailleurs, ont un devant et un derrière et tout cela n’implique pas que ce soit le fruit d’une intervention directe de Dieu en exception aux lois naturelles.

Poursuivre la lecture de «L’évolution c’est-à-dire la complexification»
Lorsque Jacques Dutronc chante Et moi, et moi, et moi en 1966, voici ce qu’il dit de la population chinoise :
Sept cent millions de chinois
Et moi, et moi, et moi
Avec ma vie, mon petit chez-moi
Mon mal de tête, mon point au foie
J’y pense et puis j’oublie
C’est la vie, c’est la vie
C’était il y a 40 ans ; aujourd’hui, la population de la Chine a doublée.

Poursuivre la lecture de «La Chine après le temps de l’enfant seul»
On dit que dans les Halles, les harengères en se querellant se disent: Tu es bête comme la paix. Ce peuple a son raisonnement.
Barbier, Chronique de la Régence et du règne de Louis XV, IV, p. 350.
If the doors of perception were cleansed every thing would appear to man as it is, infinite.
William Blake, The Marriage of Heaven and Hell.
Leigh Ann Hester a tué. Armée de son M4, elle a abattu au moins un “insurgent” lors de l’attaque d’un convoi en Irak. Jeune femme MP de la Garde Nationale, elle reçut pour cet acte la Silver Star. D’autres femmes soldats américaines ont combattu, une trentaine sont mortes, certaines ont été mutilées. Voilà qui pose cruellement la question de l’entrée des femmes dans le métier des armes. Initiée par la guerre du Viêt-nam en Occident, soutenue par les politiques plus que souhaitée par les militaires, la féminisation des armées avait néanmoins connu un illustre précédent. L’URSS envoya au front plusieurs dizaines de milliers de ses filles lors de la Grande guerre patriotique. L’une d’elles se démarque.

Poursuivre la lecture de «Tueuses»
L’état de Washington, dans le nord-ouest des Etats-Unis a un grave problème avec les couguars qui sont de plus en plus nombreux et de plus en dangereux, mais pourquoi ce problème ne se pose-t-il qu’aujourd’hui ?

Poursuivre la lecture de «Gare au couguar»
Face à la violence croissante des “activistes” (j’aime bien ce mot) de la cause animale, peut-on — doit-on ? — prendre la défense de l’expérimentation animale ? C’est une question que Janet Stemwedel se pose dans un récent article de son blog à la suite d’un article du journal Biological Psychiatry.

Poursuivre la lecture de «Qui veut torturer Roger Rabbit ?»
Si l’on a fait abstraction du passage un peu exalté à la toute fin, on a la un très bon éclaircissement sur ce que j’ai pu écrire hier.

Poursuivre la lecture de «Buffon et la variété humaine»
Alors même que la recherche biomédicale produit et explore des montagnes de données génétiques, les médecins agissent dans leurs cliniques comme ils l’ont toujours fait. Ils conçoivent des soins préventifs, planifient les traitements et sélectionnent les médicaments en accord avec leurs patients, souvent en tout premier lieu avec leur race ou leur ethnie. Les biologistes moléculaires prennent souvent garde, eux aussi, à ces éléments, pour trier parmi les façons dont les variations génétiques influent sur la réponse des patients aux médications et aux maladies. Et s’ils obtiennent un financement fédéral, les chercheurs doivent diviser les groupes qu’ils veulent étudier par race.
Sally Lehrman, “From Race to DNA”, Scientific American, février 2008, vol. 298 n° 2, pp. 23-24.
Dans la famille de Victoria Grove, l’emphysème a déjà frappé de multiples fois. Comme cette forme d’emphysème pulmonaire est d’origine génétique, elle sait que, pour être mieux soigné, elle devrait indiquer à son médecin ses antécédents familiaux et faire tester son ADN, mais elle ne le fait pas de peur d’avoir à le déclarer à ses employeurs ou à ses assureurs. En effet, les soins inhérents à une telle maladie peuvent s’élever à 100 000 $ par an, ce qui peut en dissuader beaucoup…

Poursuivre la lecture de «Assurance et ADN : le risque n’est pas la certitude»
Le long de l’Orénoque, entre le Brésil et le Venezuela, des chasseurs-cueilleurs vivent avec l’équivalent de 90 $ par personne et par an ; sur les bords de l’Hudson, entre l’état de New York et le New Jersey, les revenus moyens par habitant et par an sont de 36 000 $, soit 400 fois plus.

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